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Cartographie à distance des glissements de terrain à l'aide de jumelles télémétriques laser et GPS : Évaluation d'une technologie de terrain

Analyse d'une expérience de terrain testant un système de jumelles télémétriques laser et GPS pour la cartographie rapide et à distance de glissements de terrain récents induits par les pluies en Italie centrale.
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Table des matières

1. Introduction & Aperçu

Cet article présente une expérience de terrain évaluant un nouveau système pour la cartographie rapide et à distance de glissements de terrain récents induits par les pluies. Le défi central abordé est le caractère chronophage, coûteux et souvent dangereux des inventaires traditionnels de glissements de terrain réalisés sur le terrain. Les auteurs testent un système combinant des jumelles télémétriques laser de haute précision (Vectronix VECTOR IV) avec un récepteur GPS (Leica ATX1230 GG) et un PC Tablet robuste exécutant un logiciel SIG. L'objectif est d'évaluer si cette technologie peut faciliter la reconnaissance et la cartographie des glissements de terrain à distance de sécurité, améliorant l'efficacité et potentiellement la précision par rapport à une reconnaissance visuelle ou à un relevé du périmètre à pied avec GPS.

2. Méthodologie & Configuration expérimentale

L'expérience a été menée dans la région de Monte Castello di Vibio, en Ombrie (Italie centrale), une zone collinaire de 21 km² sujette aux glissements de terrain. La méthodologie a consisté à comparer trois techniques de cartographie pour treize ruptures de pente préalablement identifiées.

2.1. Instrumentation

Le système intégré comprenait :

2.2. Zone d'étude & Procédure de test

La zone de test est caractérisée par des roches sédimentaires. Treize glissements de terrain, précédemment cartographiés par reconnaissance visuelle, ont été recartographiés en utilisant deux méthodes :

  1. Cartographie à distance : Utilisation du système laser/GPS depuis des points de vue sans pénétrer dans la zone du glissement.
  2. Relevé du périmètre à pied avec GPS : Pour quatre glissements, un récepteur GPS a été utilisé pour faire le tour du périmètre afin d'établir une référence de « vérité terrain ».

Ces résultats ont été comparés aux cartes initiales de reconnaissance visuelle.

3. Résultats & Analyse

3.1. Comparaison de la précision cartographique

L'étude a révélé que les informations géographiques (localisation, périmètre) obtenues à distance pour chaque glissement de terrain étaient comparables aux informations obtenues en parcourant le périmètre avec le GPS. Les deux méthodes étaient supérieures aux informations obtenues par la cartographie standard de reconnaissance visuelle, qui est plus subjective et moins précise.

3.2. Efficacité & Aspect pratique

Bien que non quantifiés de manière exhaustive, la méthode à distance offre des avantages potentiels significatifs :

Les auteurs concluent que le système est efficace pour cartographier les glissements de terrain récents et prévoient son utilisation pour d'autres caractéristiques géomorphologiques.

Résumé de l'expérience

Zone d'étude : 21 km² (Monte Castello di Vibio, Italie)

Glissements testés : 13

Méthode de référence (GPS à pied) : 4 glissements

Conclusion clé : Précision de la cartographie à distance ≈ Précision du relevé GPS du périmètre > Précision de la reconnaissance visuelle.

4. Détails techniques & Cadre mathématique

Le calcul géospatial central transforme les mesures polaires (des jumelles) en coordonnées cartésiennes (dans le SIG). Étant donné la position de l'observateur par GPS ($X_o, Y_o, Z_o$), la portée oblique mesurée $\rho$, l'azimut $\alpha$ et l'angle vertical $\theta$ vers un point cible, les coordonnées de la cible ($X_t, Y_t, Z_t$) sont calculées comme suit :

$\Delta X = \rho \cdot \sin(\theta) \cdot \cos(\alpha)$

$\Delta Y = \rho \cdot \sin(\theta) \cdot \sin(\alpha)$

$\Delta Z = \rho \cdot \cos(\theta)$

$X_t = X_o + \Delta X$

$Y_t = Y_o + \Delta Y$

$Z_t = Z_o + \Delta Z$

La précision du système dépend de la précision du GPS ($\sim$niveau centimétrique avec correction), de la précision de distance du télémètre (par ex., ±1 m) et de la résolution angulaire. La propagation des erreurs doit être prise en compte pour l'incertitude positionnelle finale.

5. Idée centrale & Analyse critique

Idée centrale : Il ne s'agit pas d'un nouveau capteur révolutionnaire ; c'est une démarche pragmatique d'intégration système. Les auteurs ont efficacement adapté du matériel de topographie haut de gamme disponible dans le commerce (Vectronix, Leica) pour un problème spécifique et à forte valeur ajoutée dans les géorisques : la reconnaissance rapide post-événement. La véritable innovation réside dans le flux de travail, pas dans les composants.

Enchaînement logique : La logique est solide mais révèle la principale limite de l'étude. Elle prouve que le système fonctionne pour la mesure ponctuelle discrète de caractéristiques pré-identifiées. L'affirmation de l'article selon laquelle il aide à la « reconnaissance » est faible — les jumelles aident à examiner un glissement connu, mais la détection initiale reposait toujours sur une étude visuelle traditionnelle. La comparaison avec la « reconnaissance visuelle » est presque un homme de paille ; bien sûr, une mesure instrumentée surpasse un simple coup d'œil. La comparaison significative est avec les méthodes automatisées émergentes utilisant des drones ou l'InSAR satellitaire.

Points forts & Faiblesses :

Perspectives actionnables :

  1. Pour les praticiens : Le concept central — la cartographie à distance par pointage et mesure — est transférable. Explorez l'utilisation de LiDAR grand public sur iPad ou de systèmes intégrés comme le GeoSLAM ZEB Horizon pour un balayage rapide en marchant. Le rapport coût/bénéfice est meilleur.
  2. Pour les chercheurs : Cette étude devrait servir de référence. L'étape suivante est une approche hybride : utiliser des analyses satellitaires/drones à grande échelle (comme les méthodes discutées dans l'International Journal of Remote Sensing ou par le projet ARIA de la NASA) pour la détection initiale, puis déployer ce système précis pour la vérification terrain et la collecte d'attributs. C'est le flux de travail optimal.
  3. Pour l'industrie (Leica, Trimble) : Intégrez cette fonctionnalité dans vos suites logicielles de terrain en tant que module standard. Ne vendez pas du matériel ; vendez le « Pack d'évaluation rapide des glissements de terrain ».

En substance, Santangelo et al. ont construit un excellent outil de validation de référence, et non un système de cartographie primaire. Sa plus grande valeur réside dans la génération de données d'apprentissage de haute qualité pour les modèles d'apprentissage automatique qui effectueront finalement la cartographie à grande échelle de manière automatique.

6. Cadre d'analyse : Exemple de cas

Scénario : Évaluation rapide après un événement pluvieux majeur dans une région montagneuse.

  1. Couche de fusion de données : Démarrer avec la détection de changement de cohérence radar satellitaire (par ex., Sentinel-1) ou la détection de changement optique (par ex., Planet Labs) pour identifier des grappes potentielles de glissements de terrain sur 1000 km². Cela suit des méthodologies similaires à celles utilisées par le programme USGS Landslide Hazards.
  2. Ciblage des priorités : Utiliser un SIG pour superposer les glissements potentiels avec des couches d'infrastructure (routes, habitations) afin de prioriser les vérifications sur le terrain.
  3. Vérification terrain (en utilisant le système de cette étude) : Déployer une équipe sur des points de vue surplombant les grappes à haute priorité. Utiliser le système laser/GPS pour :
    • Confirmer l'activité du glissement de terrain.
    • Cartographier précisément la couronne, le pied et les flancs.
    • Collecter des attributs clés (longueur, largeur, volume estimé via $Volume \approx \frac{1}{2} \cdot Aire \cdot Profondeur_{estimée}$).
  4. Calibrage du modèle : Utiliser ces mesures terrain précises pour calibrer les relations empiriques dans l'algorithme de détection satellitaire régional, améliorant ainsi sa précision pour le prochain événement.

Ce cadre positionne l'outil dans un flux de travail moderne et évolutif pour les géorisques.

7. Applications futures & Axes de recherche

8. Références

  1. Santangelo, M., Cardinali, M., Rossi, M., Mondini, A. C., & Guzzetti, F. (2010). Remote landslide mapping using a laser rangefinder binocular and GPS. Natural Hazards and Earth System Sciences, 10(12), 2539–2546.
  2. Guzzetti, F., Mondini, A. C., Cardinali, M., Fiorucci, F., Santangelo, M., & Chang, K. T. (2012). Landslide inventory maps: New tools for an old problem. Earth-Science Reviews, 112(1-2), 42-66.
  3. Martha, T. R., Kerle, N., Jetten, V., van Westen, C. J., & Kumar, K. V. (2010). Characterising spectral, spatial and morphometric properties of landslides for semi-automatic detection using object-oriented methods. Geomorphology, 116(1-2), 24-36.
  4. USGS Landslide Hazards Program. (n.d.). Landslide Detection and Mapping. Récupéré de https://www.usgs.gov/natural-hazards/landslide-hazards/science
  5. Zhu, J., et al. (2017). Image-to-image translation with conditional adversarial networks (CycleGAN). Proceedings of the IEEE conference on computer vision and pattern recognition (pp. 1125-1134). (Cité comme exemple de méthodologie d'IA avancée qui pourrait éventuellement être appliquée pour automatiser la détection des glissements de terrain à partir de paires d'images, bien que non utilisée dans cet article).